Miss repetita
Comme aurait pu dire Mme de Fontenay : « Chapeau le HDH ! » C'est en effet la deuxième fois, après 2005, que le Hochfelden Dettwiller Handball organise le concours de Miss Alsace, qui a vu samedi le succès de Sophie Mathes. La centaine de bénévoles présents s'est démenée avec talent et une certaine dose de professionnalisme pour faire de cette soirée une réussite. Miss...ion accomplie !
Il est presque 20 h samedi et les 1 095 personnes attendues ont quasiment toutes pris place dans le complexe sportif de Hochfelden. En coulisse, c'est l'agitation. François Schlosser, le président du comité Miss Alsace souffle un peu. « C'est une de mes dernières, je vais passer le relais à ma fille Kathia. 33 ans que je fais ça ! » Une carrière en somme pour cet homme repéré par Geneviève de Fontenay un soir d'élection parce qu'il était très à l'aise comme orateur.
Dominique Bray, veste blanche impeccable, est l'animateur de la soirée. Il révise ses fiches et en profite pour faire un point sur les lots qui seront décernés aux gagnantes : un coffret Météor, une montre et des fleurs pour toutes. Des bijoux et un appareil photo pour les deux premières dauphines. Des bijoux, un ordinateur portable plus le billet de transport pour Paris et de l'argent de poche en vue de l'élection de Miss France pour l'heureuse élue.
« Je fais les concours
depuis l'âge de 16 ans.
C'est vraiment
une ambiance de copines »
A côté d'eux se tient Anthony, le jeune gérant d'un salon de coiffure à Sarrebourg qui, avec deux collègues, est venu coiffé les candidates. « On est là, à l'étroit, installé dans les douches. Mais c'est super sympa de travailler ce soir. Il y a un côté plus artistique. Les filles savent ce qu'elles veulent et j'en ai repéré deux qui sortent vraiment du lot. »
Dans le long couloir qui longe les vestiaires, c'est le va-et-vient. Les concurrentes, à quelques minutes de monter sur scène pour leur premier passage, se concentrent et font les cent pas. Seules ou en petites grappes, elles se motivent et répètent une dernière fois leur petit discours de présentation, sources de tant d'angoisse. « C'est l'attente du début qui est longue et qui fait monter la pression, lâche Marjory Zahyko, Miss Haut-Rhin. Je fais les concours depuis l'âge de 16 ans. C'est vraiment une ambiance de copines. » Florina Treiber, Miss Alsace 2007, venue exprès de Paris confirme : « Je suis là pour les chaperonner. Je les conseille sur le choix du maquillage, les détends. On est une grande famille, on se retrouve régulièrement pour des soirées pizzas ».
Dans la salle le papa de Mathilde Buecher, benjamine de la compétition avec ses 18 ans, stresse un peu. Il est venu du Sundgau avec deux bus de supporters et a eu du mal à caser tout le monde. « La pression, lance la maman, c'est finalement celle de décevoir tout ce comité de soutien. » Dans les loges Mathilde, très jolie brunette typée, avoue que ses parents l'ont poussée à être candidate. Déjà élue Miss Sundgau et Miss Tour Alsace, elle craint surtout le moment du discours, un exercice « où je m'étais plantée l'an dernier ».
« Elle a gagné en assurance
et en maturité »
Nadine est la maquilleuse officielle des miss ; propriétaire d'un salon à Minversheim, elle est là pour rendre les belles encore plus belles. « C'est très excitant de travailler sur de jolies filles. Certaines sont zen, d'autres beaucoup moins ; le drame c'est quand elles craquent, après que je les ai maquillées, en se découvrant ou en ne se reconnaissant pas apprêtées de la sorte. »
Lors du premier passage sur la scène, les deux miss départementales forte d'un gros contingent de supporters raflent la mise. A 23 h passées, les jeunes femmes ont fait leurs deux passages. Elles déambulent maintenant dans la salle pour se faire admirer des spectateurs et tenter de rallier un maximum de suffrages. L'affaire n'est pas simple : régulièrement, elles sont sollicitées pour un petit cliché souvenir auquel elles se plient de bonne grâce. A ce jeu-là, Sophie Mathes, la future Miss Alsace qui ne le sait pas encore, connaît déjà un certain succès. Miléna Djokanovic, autre candidate au délicieux accent serbe, se fait accoster par Jérôme et Williams, sous le charme, qui essayent vainement de lui soustraire son numéro de portable. 23 h 30 : maître Jardon, l'huissier de justice va procéder avec quelques volontaires au dépouillement des bulletins de vote. Alea jacta est !
Pour Mathilde et ses parents, c'est l'heure d'un premier débriefing. « Elle a gagné en assurance et en maturité », se réjouit sa maman. Mais la discussion est vite interrompue, déjà la foule emporte la jeune femme. C'est au tour de Geneviève de Fontenay, avec son légendaire ensemble blanc et noir, de faire son apparition. La salle est ravie de la voir en vraie et lui réserve un bel accueil. Son couplet sur les producteurs laitiers fait l'effet escompté. Le spectacle de danses de Miss France et de quelques miss régionales va permettre au public de patienter pendant les délibérations du jury.
Le sport va bientôt
reprendre ses droits
au complexe sportif
1 h du matin. C'est le moment tant attendu et le sacre de Sophie Mathes est annoncé. Joie et tristesse dans la salle, c'est selon. Mathilde prend une très belle place de première dauphine mais son comité de soutien ne cache pas son désappointement : « C'est la prime au département. L'an prochain il faudra l'organiser dans le Haut-Rhin. » « On est content de l'expérience mais aussi très déçu d'échouer si près du but », confie émue sa maman. Mathilde, elle, la joue fair-play. « Difficile de se réjouir si près du but, mais je suis fière de moi. Il faudrait peut être revoir le système de vote du public qui favorise nettement celles qui peuvent mobiliser beaucoup de monde. Ceci dit, Sophie Mathes est franchement très jolie. Il n'est pas exclu que je revienne, tout le monde m'y encourage déjà. »
Non loin de là, Sophie Mathes, nouvelle représentante officielle de l'Alsace, vient de basculer dans un autre monde. Appareils photos, caméras et micros sont braqués sur elle. Elle répond gentiment, un peu dépassée par l'événement et par ce tourbillon soudain. Mais ses parents et le comité veillent. A peine quelques heures de sommeil à Saverne dans un bel hôtel et il faudra être pimpante pour une séance photo en plein air. Pour elle, une nouvelle vie commence.
Les bénévoles du HDH, eux, commencent déjà à empiler tables et chaises. Le sport ici va bientôt reprendre ses droits. Après les belles, retour aux balles.
Yannick Achard-James
Édition du Lun 12 oct. 2009